Pourquoi (presque) toutes les montres sont en acier ?

L’acier inoxydable s’est depuis longtemps imposé comme le matériau de choix pour la majorité des montres, en raison de ses propriétés uniques, de sa simplicité à travailler et sa polyvalence. Son utilisation se répand largement dans les années 1910, mais ne prend de l’ampleur qu’après le krach de 1929 qui occasionne une forte baisse de la demande pour les montres en or et en argent : La montre en acier inoxydable, moins coûteuse à produire et plus pratique pour les industriels, comble alors peu à peu le vide.

Une question de coût

Un premier point à retenir, et probablement le plus important de cet article, est son coût avantageux. La production d’acier est moins coûteuse que celle des métaux précieux, et permet aux fabricants d’offrir des montres de haute qualités à des prix largements compétitif. Cette affirmation se confirme avec l’essor des montres à Quartz, qui a très largement contribué à la popularité de la “Montre” en général puisque concevables à très grande échelle. L’acier, au même titre que les mouvements à pile que l’on peut produire bien loin de la suisse, n’en est que la suite logique.

La question de l’esthétique et du poids

Le prix est une chose, mais il y a aussi la mode : Malgré l’essor de matériaux alternatifs tels que le titane, la céramique et le carbone, l’acier inoxydable reste une référence dans l’horlogerie, que certains modèles comme la Nautilus ou la Royal Oak ont très largement contribué à leur utilisation dans l’horlogerie de grand luxe même si mal accueillis à l’origine.

Les amateurs de montres apprécient souvent le poids de l’acier au poignet, moins massif que celui de l’or blanc et surtout bien plus simple à l’entretien : Le polissage est simple, moins visible et plus éclatant, et l’oxydation ne devient plus qu’un lointain souvenir.

Les types d’acier inoxydable en horlogerie

Pour les passionnés d’horlogerie, impossible de passer à côté des termes acier 316L et 904L que vous avez probablement déjà vu en gravure sur un bracelet ! Ces désignations correspondent à des alliages distincts, chacun avec des propriétés uniques. Les deux appartiennent à la catégorie des aciers inoxydables austénitiques, caractérisés par leur structure cristalline commune.

La principale différence réside dans leur composition. L’acier 904L, par exemple, renferme une proportion plus élevée de nickel et de chrome, tout en intégrant du cuivre. Cette composition lui donne une excellente résistance à la corrosion et aux acides, surpassant ainsi le 316L. Fait assez important pour être noté, il est aussi plus simple à polir, et contrairement à une idée reçue, il est en fait plus facile à travailler que l’acier 316L, qui est le plus dur des deux!

Bien que l’acier 904L ait gagné en popularité au sein des marques horlogères, Rolex a été l’une des premières à adopter ce matériau, le mettant en avant dans ses montres en acier sous le nom d’Oystersteel – Nom encore adopté aujourd’hui. La marque ne cache pas son enthousiasme à l’égard de ce choix, allant jusqu’à déclarer que « chez Rolex, l’acier est un métal précieux » dans l’une de ses campagnes. Une approche marketing plus que maline quand on considère le caractère peu onéreux de l’acier 904L…

Acier inoxydable 304 :

Contient 18 à 20 % de chrome et 8 à 10,5 % de nickel.

Polyvalent et facile à nettoyer, mais moins résistant à la corrosion, particulièrement dans des environnements salins.

Acier inoxydable 316L :

Composé de 17 % de chrome et de 10 à 12,5 % de nickel, avec une faible teneur en carbone (0,02 % maximum).

Également connu sous le nom d’inox marin, il est plus résistant aux environnements extrêmes grâce à l’ajout de 2 à 2,5 % de molybdène. C’est le choix classique pour de nombreuses marques horlogères.

Acier inoxydable 904L :

Utilisé principalement par Rolex, il contient une teneur plus élevée en chrome, nickel, molybdène, cuivre, manganèse et silicium.

Il est plus résistant aux chocs, aux rayures et à la corrosion.

 

Avantages de l’acier inoxydable

Une montre en acier présente de nombreux avantages : il est solide, hypoallergénique (bien que certaines personnes sensibles au nickel puissent avoir des réactions), recyclable, et ne rouille pas grâce à la présence de chrome qui forme une barrière protectrice. On l’apprécie également pour sa malléabilité, permettant de produire une grande quantité de finitions sur une montre en acier.

Conclusion

En somme, bien que le prix soit probablement un élément catalyseur, il serait réducteur d’expliquer l’utilisation de l’acier dans l’horlogerie par une simple question de coûts.  L’acier inoxydable a su s’imposer dans l’industrie horlogère grâce à sa résistance, sa durabilité et sa capacité à maintenir une belle apparence. Flexible, peu onéreux, simple à polir et simple à entretenir, il offre une gamme de caractéristiques adaptées à tous niveaux, que des dessins épurés et des stratégies marketing bien rodées ont hissé jusqu’à l’horlogerie de grand luxe.

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